Déclaration de Bouaziz Aït Chebib, ancien président du MAK



KABYLIE (Monde Kabyle) – Le régime colonial algérien intensifie son harcèlement et ses intimidations contre les cadres et militants du MAK à travers les convocations, les arrestations et les interrogatoires qui pleuvent sans cesse sur eux, en plus des campagnes diffamatoires et haineuses qui les visent de toute part, en particulier sur les réseaux sociaux.

L’arrestation musclée de 13 militants du Conseil régional MAK de Vgayet-Stif-Jijel par la gendarmerie algérienne, alors qu’ils devaient tenir une simple réunion, nous renseigne sur la volonté de diaboliser les militants pacifistes du MAK. En outre, le transfert de la gestion de la répression des militants du MAK de la police à la gendarmerie, qui est un corps militaire, pour procéder à l’arrestation des militants à Barbacha, n’a d’autres signification que l’Etat algérien a d’ores et déjà considéré les militants kabyles comme de potentiels terroristes alors que les véritables terroristes sont promus par l’Etat algérien au rang de « personnalités politiques nationales»; et ce sont encore des gendarmes qui ont procédé à l’arrestation des militants du Conseil régional de Tizi-Ouzou-Boumerdes. Le message est clair, les gendarmes algériens qui ont assassiné à balles explosives 128 jeune kabyles en toute impunité sont bien de retour en Kabylie et de jeunes militants, à l’image de Fahem Balti, sont tout simplement criminalisés en étant convoqués devant les procureurs algériens pour avoir manifesté pacifiquement.Toute cette agitation politico-militaire de l’Etat algérien ne vise qu’à criminaliser l’activité politique pacifique des militants kabyles, puisque même les activistes œuvrant dans le cadre associatif, comme Yanis Adjlia, ne sont pas épargnés par le harcèlement et les intimidations de l’administration algérienne.

J’appelle fraternellement les militants et les citoyens à la vigilance pour déjouer les conspirations infâmes du régime algérien qui est à la recherche de la moindre occasion pour organiser un nouveau massacre en Kabylie et résoudre ses problèmes de succession au somment de l’Etat algérien. Il est indispensable que les citoyens, comme les militants, s’abstiennent de répondre aux provocations tout en continuant le travail de terrain afin d’amener le peuple kabyle à l’union sacrée autour d’un objectif commun, à savoir l’avènement d’un Etat kabyle qui est un droit légitime consacré par le droit international, notamment par le droit à l’autodétermination des peuples autochtones.

Les arrestations, les harcèlements policiers et judiciaires dont sont victimes les militants et les citoyens kabyles qui ne font pourtant qu’exercer leurs droits, notamment celui de se réunir et de contester un ordre établi imposé de force par un Etat illégitime au moyen de la terreur et de la répression n’a pourtant soulevé aucune protestation, ni de la part des organisations dites de défense des droits de l’homme, ni par aucun Etat dit démocratique. A contrario, le nombre d’Etats, dit démocratiques, qui se sont inquiétés du sort des islamistes algériens ne se comptent plus. Cela nous renseigne sur l’hypocrisie des déclarations d’intention de ses organisations et de ces Etats et nous indique clairement que le peuple kabyle ne peut et ne doit compter que sur lui-même. Il n’est pas question que les militants du MAK subissent le sort scandaleux des militants mozabites du mouvement pour l’autonomie du M’zab, pour la plupart arrêtés, emprisonnés et torturés, ou exilés au Maroc tel que les deux derniers représentants du MAM encore en liberté, Salah Abbouna et Khodir Sekkouti, isolés, privés de leurs familles et de leurs biens.

Je salue à ce propos le soutien et la solidarité des amazighs du Maroc avec nos frères du Mzab. Je réitère mon soutien indéfectible à mon ami et frère Kamaleddine dont la vie est en danger à cause des actes criminels qu’il a osé dénoncer, à cause de l’injustice algérienne qui retourne contre le peuple mozabite les crimes dont il est la victime. Par ces crimes et ces injustices scandaleuses, l’Etat algérien cherche à en finir définitivement avec le peuple mozabite parce qu’il refuse de se renier et de s’assimiler à la définition coloniale de l’Algérie. Il est nécessaire de poursuivre et de consolider les principes de l’union et de la fraternité avec l’ensemble des peuples amazighs. Je salue et je rejoins l’appel des organisations amazighes pour faire de ce 10 décembre, Journée internationale des droits de l’homme, une journée dédiée à la protestation internationale devant toutes les représentations diplomatiques algériennes afin de montrer au monde entier que les peuples amazighs, aussi différents soient-ils, savent être solidaires et que tous ensemble ils dénoncent les crimes odieux dont sont victimes leurs frères du M’zab.

En Kabylie, face aux manœuvres diaboliques de l’Etat algérien, il est plus que jamais urgent de concrétiser l’union et la solidarité de toutes et de tous afin de faire face efficacement à cette vague de répression et d’intimidation sans précédent qui est en train de s’abattre sur les militants du MAK et plus largement sur les militants kabyles qui refusent de plier genou face au dictat algérien. Les campagnes de dénigrements, les agressions verbales et publiques entre militants doivent cesser. Faisons barrage à ces pseudonymes qui pullulent sur les réseaux en attisant la haine et la suspicion, en personnalisant les divergences politiques en problèmes de personnes.

Quant aux problèmes internes, ils doivent rester internes et ne peuvent être discutés qu’en interne. Le bon sens nous recommande d’instaurer un vrai débat politique, fraternel, démocratique, profond, sincère, sans invectives, sans insultes ni diabolisation de ceux et celles qui ont tant donné pour notre Mouvement.

L’idéal qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare.

La Kabylie avant tout !
Kabylie, le 03 décembre 2016
Bouaziz Ait-Chebib

Source : Tamurt


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