20 avril : Halte au révisionnisme politique de l’État algérien




Contribution (Monde Kabyle)Cherchant à se dédouaner de ses abominables crimes envers le peuple kabyle, le Gouvernement algérien veut, cette année encore, « célébrer » le 20 avril. Tout comme l’année dernière, à la veille des grandioses célébrations du Printemps Amazigh et du Printemps Noir, Alger se démène dans tous les sens pour tenter de squatter la date hautement symbolique du 20 avril.

A Vgayet, c’est le préfet (wali) qui s’est collé à l’ingrate besogne en invitant ses obligés (ndlr : les chefs de circonscriptions) à célébrer le 20 avril. Apparemment plus ingénieux que ces prédécesseurs, ce wali ordonne que le 20 avril 2017 s’inscrive « au-delà des activités folkloriques », tant il est vrai que les diversions par des concerts ou des concours de Miss Kabylie, effectivement, ça ne fonctionnent plus.


Par conséquent, le préfet de Vgayet prend acte de la nouvelle donne et préconise l’organisation de « conférences avec des thématiques, sans être nécessairement liées à l’évènement lui-même, qui porteront sur des préoccupations quotidiennes du citoyens ». Autrement dit, à l’occasion du 20 avril, les kabyles pourront enfin débattre, et librement s’il vous plait, du prix du sachet de lait et peut-être même, s’ils sont sages, de ses récurrentes pénuries …


A Tizi-Ouzou en revanche, les responsables des « qasmat » semblent un peu plus lourds à la détente. En effet, selon nos confrères de Tamurt.info, la Régence d’Alger aurait confié la « célébration du 20 avril » à un « Mouhafedh », un « éternel député du FL N » du nom de Saïd Lakhdari. La nature des « festivités » n’est pas connue, mais Tamurt.info croit savoir que celles-ci auront lieu à la fameuse « Maison de la culture», maison à laquelle on n’ose plus associer le nom de l’illustre Mouloud Mammeri ; celle-ci ayant été scandaleusement détournée par le Bachagha Ould Ali Lhadi et sa marraine d’alors, « Mme la ministre », Khalida Toumi. Rappelons que ces deux-là y ont organisé des « conférences » totalement inimaginables en Kabylie avec le chef spirituel du terrorisme international, le vénérable Cheikh El Qardaoui, célèbre prédicateur de la haine, ou encore des conférences sur « les droits des femmes » avec des associations islamistes affiliées au non moins célèbre Cheikh Mahfoud NahNah, celui-là même qui s’était publiquement félicité qu’un mécréant comme Matoub Lounès ne soit pas enterré dans un « cimetière musulman » … 


Au vu de l’imagination débordante des assimilationnistes en tous genres, on se demande bien ce qu’ils vont bien pouvoir trouver pour « noyer le poisson » à Tuvirett et faire barrage au 20 avril. Etant donné l’aplomb du Gouvernement algérien, peut-être penseront-ils même à organiser une conférence avec le ministre ; et non moins criminel, Lyazid Zerhouni. Après tout, n’a-t-ont pas vu l’année dernière le maire de Tirmitine décernent des « médailles d’honneurs aux gendarmes algériens » pour célébrer le double printemps de 1980 et surtout de 2001, où 128 jeunes kabyles ont été assassinés à l’arme de guerre par ces mêmes gendarmes ?! Après cela, et pour peu qu’il y ait encore des âmes de bachagha qui soient prêtes à assumer de telles forfaitures, tout est encore possible ; car décerner des médailles d’honneur à des gendarmes algériens pour célébrer le 20 avril, c’est comme décerner le prix de l’humanité à Hitler lors d’une cérémonie de commémoration à Auschwitz… 

Que l’on se souvienne bien qu’avant de succomber aux balles assassines des gendarmes, c’est avec son sang que Kamel Irchen écrivait ce mot si cher à la Kabylie : « LIBERTÉ ». Abattu à I3ezzugen le 27 avril 2001 par la gendarmerie algérienne, Kamel Irchen est l’un des symboles forts de la résistance du peuple kabyle dans la reconquête sa liberté perdue. Cette liberté, si chèrement défendue avec le sang de la jeunesse kabyle, elle ne saurait aujourd’hui faire l’objet d’un quelconque révisionnisme politique. 

Et que l’on ne vienne plus nous chanter les vertus de cette « unité nationale » quand celle-ci ne s’est jamais exprimée que par le mépris, le silence et l’indifférence. Cessez donc de mentir, l’Algérie n’a jamais été une nation.

Tamaynut


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