CAF/ Retour sur le rassemblement devant l'ambassade d'Algérie en faveur du Dr. Fekhar :« Des héros, il y en a plein les cimetières ! »







PARIS (Monde Kabyle) - Dimanche 26 mars 2017, le Collectif des Amazighs en France appelait à un rassemblement d’urgence en faveur de Kameleddine Fekhar. Ce dernier est dans une situation critique du fait qu’il observe depuis 83 jours une grève de la faim pour protester contre sa détention « préventive » depuis juillet 2015.

Malgré l’annonce très tardive de l’appel du Collectif, plusieurs dizaines de personnes ont répondu à cet appel d’urgence devant l’ambassade d’Algérie, dont plusieurs militants politiques kabyles, indépendantistes, autonomistes ou simplement humanistes avant tout. L’artiste kabyle Akli D, fidèle à ses engagements, était comme d’habitude au RDV et le Conseil démocratique kurde de France n’a pas manqué d’envoyer un de ses représentants pour apporter son soutien au Dr Fekhar, et ce, malgré la submersion des kurdes, d’une part par les terroristes de Daesch, et d’autre part, par la haine meurtrière de l’islamo- fasciste (et non moins président turc), Erdogan.

Dès leur arrivée sur place, et à la grande surprise des organisateurs, ces derniers ont constaté la présence de plusieurs camions de CRS stationnés devant l’ambassade d’Algérie. Avec une petite pointe d’humour, les organisateurs n’ont pas manqué de faire remarquer aux policiers que les criminels étaient justement ceux qu’ils étaient en train de « protéger » et non pas les militants pacifistes venus au rassemblement. Puis, ils se sont attelés à placer la grande banderole appelant à la libération des détenus d'opinion, avant d’entamer le rassemblement sur les airs du clip « Tilleli i imehvas », suivi des interventions des présents. Pendant le rassemblement, le militant aurésien, Salim Yezza, qui était l’un des principaux meneurs lors des évènements de Tkout dans les Aurès, préparait sur place et devant le public, des portraits de Kameddine Fekhar ; et ce, avec l'aide précieuse de notre ami, camarade et militant Karim Rahmani.

Outre l’animation du rassemblement assurée par Nadia At U3issa, qui a notamment  lu la déclaration du Collectif des Amazighs en France à l’occasion de cet évènement, sont également  intervenus plusieurs militants politiques, dont le militant rifain Rachid Oufkir, les indépendantistes kabyles Boukhalfa Bellache et Yasmina Oubouzar, le jeune kurde Hassan, du Conseil Démocratique kurde, le chanteur Akli D, l’autonomiste kabyle Malika Baraka, Yacine Chéraiou, président du Comité de soutien à Kalemeddine Yekhar  et maître Fatiha Rahmouni  qui a rappelé avec moult détails la procédure « viciée » de l’incarcération du Dr Fekhar, prouvant ainsi l’illégalité totale de l’arrestation et de l’incarcération des détenus d’opinion mozabites.

Enfin, dans un message vocal très émouvant, l’ancien président du MAK, Mas Bouaziz Ait-Chebib, est également intervenu pour témoigner de son indéfectible soutien à Fekhar qui doit « demeurer vivant pour le bien de son peuple ». Il est à noter que si l’ensemble des interventions ont mis l’accent sur le sort du Dr Fekhar, les autres détenus Mozabites et Kabyles, dont notamment Slimane Bouhafs, n’ont pas été oubliés. Tous les intervenants ont dénoncé avec force la férocité criminelle de l’Etat algérien envers les peuples amazighs.

Pour le rappel des fait concernant les mozabites, il est à préciser que le Dr. Fekhar et plusieurs de ses codétenus sont  accusés d’avoir porté atteinte à « l’unité nationale », à « la sureté de l’Etat »  et à « corps constitués ». L’Etat algérien leur reproche d’avoir dénoncé les crimes commis dans le Mzab par des hordes de voyous Châambas, ostentatoirement appuyés par les services de police et de gendarmerie algériens.

Concernant  Kameleddine Fekhar, ce dernier est plus spécifiquement accablé par la justice algérienne pour avoir lancé un SOS à l’ONU  afin de mettre fin à l’ethnocide dont le Mzab est victime. Il s’en est suivi des chefs d’inculpations, tous plus ahurissants les uns que les autres, venus accabler les militants pacifistes politiques du Mzab, qui en sont pourtant  les victimes, en lieu et place des criminels et des agresseurs.

Le Collectif des Amazighs en France avait déjà organisé plusieurs  rassemblements en faveur du peuple Mozabite, dont le tout premier s’était déroulé le 12 janvier 2014 sur la place du Trocadéro, immédiatement suivi d’un autre devant l’ambassade d’Algérie le 25 janvier 2014,  et plusieurs autres, notamment en juillet 2016 sur la place de la république.

Rappelons également, que dans le cadre des activités de ce Collectif,  ce sont tous les peuples amazighs en lutte pour leurs droits qui ont été soutenus. C’est ainsi que, outre les mozabites pour lesquels plusieurs rassemblement ont été organisés, le Collectif des Amazighs en France a organisé des rassemblements en faveur des Touaregs de l’Azawad, devant l'assemblée nationale française, des rifains assassinés  par la répression féroce du Makhzen, devant l'ambassade du Maroc et des militants du MAK massacré lors du 20 avril 2015 en Kabylie, devant le siège de l'AFP ferme les yeux sur les massacres organisés par les "anciennes colonies françaises".

 Tamaynut











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