Éclaircissements sur les tentatives d'interdiction des conférences-débats par Racid At Ali uQaci


Contribution (Monde Kabyle)

Ces derniers jours j'ai eu plusieurs échanges avec des jeunes du mouvement associatif kabyle ainsi que des écrivains à qui on a voulu interdire des conférences-débats en Kabylie.

De ces discussions il en ressort 3 remarques importantes:

1. A chaque fois que le mot kabyle figure dans le titre de la conférence, comme la pensée kabyle ou la nécessité de protéger la langue kabyle, les harcèlements ou le processus d'interdiction est tout de suite entamé.

2. Bizarrement ce n'est plus la police ou les services de renseignement qui s'occupent de ces harcèlements et interdictions comme avant. Ce sont les GENDARMES à qui incombe une telle mission comme s'il s'agit du terrorisme.

3. La bonne nouvelle est que la majorité des jeunes du mouvement associatif kabyle n'ont plus peur comme avant. Il déploient beaucoup d’énergies pour empêcher les interdictions de conférences par les GENDARMES.

C'est ainsi que la conférence de l'écrivain kabyle Larbi Yahioune sur la langue kabyle a pu avoir lieu hier, 03 Mars, à Akfadou. Cela est rendu possible grâce au courage des membres du conseil communal des jeunes d'Akfadou dont Ghilas Abdous. Mais aussi grâce au dynamique maire d'Akfadou Mehenni Haddadou, qui a signifié aux gendarmes que les conférences portant sur la langue kabyle, ne peuvent être empêchées de se tenir dans sa circonscription. Tout en leur rappelant qu’Akfadou, le QG du colonel Amirouche, est le bastion de la révolution et des luttes démocratiques.

A signaler que le Maire d’Akfadou a été contacté par la gendarmerie algérienne pour lui signifier qu’il est interdit de donner la parole à l'écrivain et enseignant de Tamazight Larbi Yahioune sous prétexte qu'il fait partie du MAK.

Au fait la vraie raison est que ce dernier, du même village que le regretté Masin Uharun, dérange parce que toutes ses interventions portent sur la nécessité de protéger la langue kabyle, en voie d'extinction.

Par exemple, hier à Akfadou, l'écrivain Larbi Yahioune, auteur de TAQBAYLIT, iles d yidles (Le kabyle, langue et culture), a parlé de l’importance de célébrer chaque année en Kabylie la journée internationale de la langue maternelle pour rappeler à chaque fois la nécessité de faire évoluer la langue kabyle dans tous les domaines de la vie, et plus particulièrement les domaines technologique, scientifique et littéraire.

Nacer Irid, militant, membre du carrefour littéraire de Montréal et fils d'Akfadou, a exprimé sa colère suite à cette interdiction en écrivant sur son compte facebook ceci:

" Honte à ce pouvoir illégitime qui envoie des gendarmes surveiller une conférence scientifique à Akfadou, après avoir vainement tenté de l'empêcher. Mais c'était sans compter sur la détermination des jeunes de cette région rebelle. Une détermination qu'ils tiennent d'une longue histoire de résistance de ce peuple depuis les Kutamas, en passant par Cheikh Aheddad natif de cette glorieuse région, bastion de la résistance au colonialisme français. Akfadou à l'instar de tout le pays n'a pas encore pansé les séquelles de ce colonialisme, qu'elle doit subir un autre colonialisme plus insidieux, plus pernicieux. "

À rappeler que l'écrivain Larbi Yahioune a déjà donné une autre conférence le 21 février à l’université de Hasnaoua sur la même thématique et à la même occasion, la journée internationale de la langue maternelle. Il a également été source de pression qu’a exercée la gendarmerie sur les responsables de l’université pour annuler une telle conférence sous le même prétexte du MAK.

Malheureusement, et contrairement à Akfadou et l’université de Hasnaoua, l'écrivain Larbi Yahioune n'a pas pu tenir sa conférence à Aokas. Les jeunes du centre culturel d’Aokas n'ont pas pu s'opposer à l'interdiction de la conférence par la gendarmerie algérienne.

Les jeunes d'Aokas n'ont pas encore digéré une telle humiliation. C'est en voulant laver un tel affront qu'aujourd'hui ils invitent l'écrivain, historien et penseur Younes Adli pour animer une conférence sur la pensée kabyle.

La gendarmerie algérienne a exigé son annulation. Les jeunes du centre culturel d’Aokas ont décidé de la maintenir quel que soit les obstacles.

Qui aura le dernier mot?

Racid At Ali uQasi

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