22ème commémoration de la mort de Masin U'Harun, le militant héroïque kabyle




COMMÉMORATION (Monde Kabyle)Masin U’Harun est ce militant qui a défié le régime de Boumediène. Il n’a pas hésité à plastiquer des édifices représentant le régime algérien : symboles de l’injustice et de la répression. Il est né le 13 avril 1949 à Tifrit, à trois kilomètres d’Akbou dans le département de Vgayet.

Massin faisait de la recherche sur la langue tamazight et était en contact avec Mouloud Mammeri. Massin a participé à la création de la première revue en tamazight Itij (le soleil). Par la suite, il a approfondi ses recherches dans la grammaire berbère et les règles de calcul. Massin a été avec Mammeri chez les Touaregs et les Mozabites. Il envisageait de faire un dictionnaire. Massin faisait également de la peinture. Tout cela a été interrompu après son arrestation le 5 janvier 1976 dans l’affaire des "poseurs de bombes" qui a défrayé la chronique. Il a fait partie du groupe de l’O.F.B. (l’organisation des forces berbère). Après onze ans et demi passés à la prison de Lambèze, Massin a été libéré le 5 juillet 1987. Il participa activement à la réussite du 2e séminaire du M.C.B. en juillet 1989 à Tizi-Ouzou. Ce chercheur a vécu sans emploi, sans aucune ressource et c’était grâce à l’aide de ses amis qu’il avait fondé un foyer. En novembre 1994, Massin avait un projet très ambitieux : fonder une association pour la création d’aune Académie berbère.

Le projet n’a pas pu aboutir pour diverses raisons, entre autres, les blocages des pouvoirs publics. Ensuite, c’est le H.C.A. (le Haut commissariat à l’amazighité) qui était né. Voilà l’une des raisons du blocage de cette initiative libre d’Académie pour permettre à une institution rattachée à la présidence de la République de naître en l’occurrence le H.C.A. après une année de boycott scolaire (grève du cartable de 1994). 

Suite à une tumeur, Masin U'Harun meurt le 22 mai 1996. Il laisse derrière lui une veuve et deux fillettes. Akkouche Ahcène, un des compagnons de Masin résume le combat de ce monument : "C’est quelqu’un de simple et de bon. Il a refusé toute compromission. C’est quelqu’un de digne." 

Article publié par Tamazgha.fr avec l’autorisation de l’hebdomadaire "Le Kabyle de Paris"

Bouaziz Ait Chebib, également militant berbère et ancien président du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie, rend hommage à travers ce modeste texte à Masin U'Harun.


" ll était un militant incorruptible, un érudit engagé, un homme exemplaire qui est décédé dans la pauvreté mais dans la dignité. Même si aucune institution "étatique algérienne" ne porte son nom, Masin U Harun, bénéficie de la meilleure des reconnaissances, celle de son peuple, le peuple pour qui il a légué un combat, un socle de valeurs et une oeuvre scientifique qui ont inscrit son nom dans le patrimoine universel. Nous, en tant que nouvelle génération, nous puisons de son héroïsme le courage, la détermination et la clairvoyance qui nous permettront dans relever tous les défis pour faire triompher ses idéaux qui sont aussi ceux de tous les kabyles dignes ». 

Bouaziz Ait Chebib


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