Allas di Tlelli : "JE NE VOTE PAS, JE NE SUIS PAS CONCERNÉ"



CHRONIQUE (Monde Kabyle) - Conscient de ma modeste condition de montagnard, je ne peux nourrir la moindre prétention de m’adresser au peuple kabyle pour le mobiliser, encore moins pour lui dicter une quelconque conduite à tenir lors des législatives du 04 mai prochain (demain). C’est d’autant plus vrai qu’il serait insolite de chercher à convaincre un peuple déjà convaincu par l’inutilité avérée de ces récurrentes mascarades électorales algériennes.

Ce qui va suivre n'est qu'un très bref survol de la conjoncture pour dire les principales raisons pour boycotter ce simulacre d'élections car, en parallèle, il n’existe aucune raison de voter ce 04 mai. Pour les souverainistes kabyles, cela ne mérite même pas de s'y attarder.

En revanche, quelques éléments factuels devraient être portés à la connaissance de ceux qui se placent encore dans la logique algérienne et ce, même si, raisonnablement, il n'ont, eux aussi, aucune raison de se rendre aux urnes, eux dont le lien à l'Algérie se limite aux frissons, de bonne foi, pour l’équipe de foot algérienne qui n’a, du reste, jamais rien gagné, à un drapeau algérien dédié entièrement à l’arabo-islamisme et qui symbolisa la chasse à l’homme dont furent victimes les berbéristes des années 40 et 50 et enfin, eux qui refusent obstinément de remettre en cause leur nationalisme algérien, quitte à se renier.

De prime abord, il y a déjà la fraude intrinsèque à toutes les élections algériennes, hormis les locales en Kabylie. Les législatives du 04 mai 2017 ne dérogeront point à cette règle bien algérienne. Ainsi, 410 personnes sont prévues pour encadrer et surveiller plus de 53000 bureaux de vote. Or, pour couvrir sérieusement la totalité des bureaux de vote, il faudrait 180000 surveillants. Sans parler de la nature despotique du régime, du professionnalisme et de la formation de ces surveillants. Comment dès lors, les partis de "l’opposition faite maison" se lancent-ils dans cette guillotine électorale, d’autant plus que, concernant les partis kabyles (FFS, RCD) qui ont réussi l’exploit de pousser la Kabylie à les rejeter massivement depuis 1999, ils n’ont pu présenter des candidats (kabyles en majorité) que dans les départements de Kabylie, d’Alger et ses environs, ce qui rend infimes leurs chances d’avoir suffisamment de sièges, à moins que des quotas aient été négociés en catimini, comme cela a souvent été le cas par le passé. Pour le reste, nous avons déjà eu un avant-gout des pleurnicheurs qui, dans ces appareils partisans comme à travers leurs plumitifs placés dans certaines rédactions, tentent déjà de justifier leur débâcle annoncée et, cependant, acceptée ! 

Aussi et au-delà de la nature dictatoriale, corrompue, népotique et raciste du pouvoir algérien qui suffit largement pour ne pas cautionner un système mortifère et des parodies d’élection, ce sur quoi s’accordent quasi tout le monde, y compris ses larbins (en aparté) et les candidats de la pseudo-opposition (dans les discours) qui, après avoir vilipendé, à tour de rôle, la même mascarade en 2007, puis en 2012, participent aujourd’hui, toute honte bue et sans aucune raison autre que le pécule de l’esclave romain et donc, l’enrichissement personnel qui, par ailleurs, explique l’abjecte frénésie des candidatures les plus risibles, les plus médiocres et les plus grossières qu'il nous est donné de voir depuis 1989, il y a aussi la réalité criante de l’inutilité de ces législatives, de l’APN algérienne et du député algérien qui s’engrosse et s’enrichit cyniquement pendant un mandat (et plus si affinités !) au terme duquel il revient avec un compte en banque bien rempli, une pension retraite à vie (80.000,00 dinars/mois pour un seul mandat, environs 300.000,00 dinars/mois pour deux mandats accomplis(1) et des promesses électorales farfelues et donc entièrement non tenues car, cela relève tout simplement de l’impossible. 

Impossible, ça l’est pour n’importe quel député ou parti, serait-il compétent et sincère (ce qui n’est pas le cas) de tenir la moindre de ses promesses électorales (2), encore moins d’appliquer un programme propre et ce, en raison déjà de la médiocrité et de l’escroquerie patentes des candidats. Impossible aussi au vu de la nature même du système algérien, des dispositions de sa constitution telle qu’amendée en 2016 (à travers notamment les articles 95, 96, 147...) et, enfin, de ses institutions parlementaires (APN et chambre haute) qui reposent sur le monocéphalisme de l’exécutif dans le régime présidentiel algérien ainsi que sur le mode du scrutin proportionnel avec la formule dite de la liste bloquée, ce qui rend complètement vaine l’action parlementaire en dehors de la volonté des tenants du pouvoir algérien. 

 Ainsi donc, au mieux, les partis et leurs candidats ignorent totalement cette réalité juridique et institutionnelle, ce qui est gravissime certes, mais ayant au moins le mérite de prouver, si besoin est, leur incommensurable incompétence et leur volonté délibérée de mentir aux citoyens lorsque, en campagne électorale qui a été, du reste, clairement boudée par les populations qui ne sont plus dupes, ils n’hésitaient pas à promettre de s’occuper des problèmes du peuple qu’ils ont royalement ignorés durant les 02 dernières mandatures (2007/2012 et 2012/2017) et, comble du ridicule, d’appliquer leurs programmes, ce qui est intégralement incompatible avec la nature du système comme évoqué plus haut. Au pire, c’est un choix délibéré de s’inscrire dans la logique clientéliste du régime algérien ; en somme, un soutien au pouvoir qui n’est plus possible de maquiller aujourd'hui et ce, non sans contrepartie d’ordre pécuniaire et autres…

Pour toutes les raisons qui plaident pour le boycott et parce qu’il n’y a pas la moindre ombre d’une raison pour aller voter, à moins d’accepter encore et toujours d’endosser le rôle peu respectable de dindon de la farce, j’invite tous ceux et toutes celles qui refusent cette prostitution politique à ne pas voter le 04 mai et à convaincre les proches et le maximum de la minorité qui hésite encore, à ne pas le faire. 

Un boycott massif en Kabylie renverra chacun de ces faux-culs à ses magouilles, tournera définitivement leur page et confirmera la Kabylie à travers une conscience politique et citoyenne aiguisée et supérieure au régime en place, à ses vassaux locaux...

Les législatives de 2007, de 2012, du 04 mai 2017 et de toutes celles à venir, ne me concernent pas. Je refuse de cautionner ces tromperies algériennes, comme j’ai ignoré la Cour des Miracles qu’a été la campagne maussade et indigne qui vient de s’achever dans l’indifférence généralisée.

Demain, jeudi 04 mai 2017, je ne voterai pas, parce que je ne suis pas concerné.

Allas DI TLELLI

03/05/2017 

Notes:

  1. Said Sadi, entre autres, bénéficie d'une pension retraite pour ses 02 mandats accomplis (1997/2002 et 2007/2012) et ce, sur décret du président algérien (Bouteflika)
  2. Outre leur comptes en banque et autres biens immobiliers et autres... qui ne seront jamais portés à la connaissance du citoyen, le seul bilan dont se prévalent les députés de toutes les mandatures (1997, 2007, 2012), ce sont leurs rares interventions en plénière, totalement en arabe, agrémentées, folklorisation oblige, de quelques proverbes en kabyle, qu'ils mettent en CD et qu'ils distribuent autour d'eux, comme si cela suffisait à rendre la Kabylie digne et heureuse.

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